Du Syndicalisme révolutionnaire au fascisme
Aujourd’hui, nous vivons une période de crise, sans en discerner une issue prochaine. Le populisme progresse parmi les peuples soumis à une austérité sans fin prévisible et qui leur paraît inefficace. L’aventure fasciste du XXe siècle est-elle porteuse d’enseignements dont nous pourrions faire notre profit pour nous en préserver ?
La pensée libérale a été contestée au XXe siècle de façon radicale, en Russie, par la révolution bolchevique d’octobre 1917, d’inspiration marxiste, et par la révolution fasciste en Italie et dans d’autres pays européens. Ces contestations ont bénéficié, pour détruire les régimes libéraux en place, de conditions favorables créées par la première guerre mondiale (1914 – 1918).
Zeev Sternhell, historien des idées, avec la collaboration de jeunes chercheurs, a mis l’accent sur les origines idéologiques du fascisme. Il les situe dans « la France du nationalisme intégral », mais aussi dans le révisionnisme révolutionnaire du marxisme élaboré par Georges Sorel, théoricien du syndicalisme révolutionnaire, dans la période de crise qui a précédé la première guerre mondiale. Cette idéologie est une voie nouvelle, entre le libéralisme et le socialisme marxiste. Elle propose une issue aux problèmes que pose la révolution technologique et culturelle. Le fascisme apparaît, selon l’historien Zeev Sternhell, comme « une force de rupture au regard de l’ordre libéral régnant au XIXe siècle ». Nous y retrouvons des thèmes rejetant explicitement les Lumières du XVIIIe siècle.



